Prix kg de cuivre et autres métaux non ferreux : guide de revente 2026

Le cuivre dénudé rigide rouge se négocie autour de 10,30 €/kg chez les meilleurs comptoirs en 2026. Le cuivre mêlé (tuyaux, bobinages, cosses étamées) tombe à 9,30 €/kg, et le câble gainé classique descend entre 2,50 et 3,20 €/kg selon la section. Ces écarts ne sont pas anecdotiques : sur un lot de chantier de quelques dizaines de kilos, la différence entre un tri soigné et un apport en vrac dépasse facilement la centaine d’euros.

Backwardation LME et tension physique : ce que ça change pour le revendeur

Le marché du cuivre au LME affiche une structure de backwardation marquée depuis l’été 2026. Le prix au comptant dépasse celui des échéances futures, ce qui traduit un déficit de métal disponible immédiatement. Le LME a d’ailleurs introduit des mesures d’urgence en août 2026 pour encadrer cette tension.

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Pour un revendeur de métaux non ferreux, cette configuration a une conséquence directe : les ferrailleurs achètent plus cher quand les stocks LME baissent. Les fluctuations des stocks suivis par le LME ont été brutales à l’été 2026, avec une phase de baisse prolongée suivie d’un rebond rapide. Nous observons que les comptoirs ajustent leurs grilles tarifaires avec un décalage de 48 à 72 heures sur ces mouvements.

L’ICSG a revu à la baisse ses prévisions de production minière mondiale pour 2026. Ce resserrement structurel de l’offre, combiné à la demande tirée par l’électrification (véhicules, bornes de recharge, panneaux solaires), maintient un plancher élevé sur les prix de rachat.

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Entrepreneuse consultant les prix des métaux non ferreux sur un bon de pesée dans une casse métallique professionnelle

Grille de prix cuivre par catégorie chez un ferrailleur en 2026

Nous recommandons de comparer au moins trois comptoirs avant de vendre. Les écarts de rachat entre ferrailleurs atteignent facilement 15 à 20 % sur un même lot, selon la région et le volume. Voici les tarifs constatés en 2026 :

Catégorie Prix indicatif au kilo Exigences
Cuivre élec dénudé rigide rouge 10,30 € Rigide, rouge, brillant, sans oxydation ni vernis
Cuivre élec dénudé rigide (pas rouge) 9,50 € Rigide, sans vernis, sans gras, non étamé
Cuivre mêlé (tuyaux, bobinage, cosses) 9,30 € Sans collier fer, sans vanne, sans raccord
Cuivre corps de chauffe étamé 6,70 € Vidé de son eau
Câble cuivre électrique 3,20 € Sans prise, sans fibre optique, sans plomb
Câble cuivre informatique 2,50 € Sans prise, sans câble vide
Câble cuivre armé ferré sans plomb 1,30 € Sans câble acier aérien/souterrain

La décote entre le cours LME (rapporté au kilo, autour de 8,50 à 9,50 € pour du cuivre pur à 99,9 %) et le prix ferrailleur couvre le tri, le transport, la fusion et la marge. Elle oscille entre 35 et 60 % sur les catégories les plus basses comme le câble gainé.

Aluminium, laiton, plomb : prix de rachat des autres métaux non ferreux

Le cuivre capte l’attention, mais d’autres métaux non ferreux méritent d’être triés séparément plutôt que jetés avec la ferraille classique.

  • Aluminium : entre 1,10 et 1,70 €/kg selon le type (carter, profilé, canette). Le tri entre aluminium pur et aluminium peint ou anodisé change la donne.
  • Laiton (robinetterie, raccords) : autour de 4,20 à 5,60 €/kg. Les têtes de robinet en plastique et les flexibles doivent être retirés, sinon le lot est refusé.
  • Inox 18/8 : tarif variable, mais nettement au-dessus de la ferraille standard. Le tri magnétique permet de le distinguer facilement de l’acier.
  • Plomb : toujours racheté, mais soumis à des contraintes réglementaires renforcées. Les volumes importants nécessitent une traçabilité documentée.

La ferraille classique (acier, fonte) se négocie entre 0,11 et 0,19 €/kg, soit 110 à 190 € la tonne. L’écart avec le cuivre est tel qu’un seul kilo de cuivre dénudé vaut autant qu’une cinquantaine de kilos de ferraille.

Décret n° 2024-1194 et obligations de tri : impact sur la revente en 2026

Depuis le 1er janvier 2025, le décret n° 2024-1194 renforce les obligations de tri des déchets métalliques en France. Les professionnels du bâtiment et de l’industrie doivent séparer les métaux des autres flux de déchets avant collecte ou dépôt.

Ce durcissement réglementaire a un effet paradoxal : il augmente le volume de métal trié arrivant chez les ferrailleurs, ce qui peut temporairement peser sur les prix locaux quand l’offre dépasse la capacité de traitement d’un site. Nous recommandons de vérifier la charge du comptoir avant un apport volumineux.

Pour les particuliers, la vente de cuivre reste encadrée : pièce d’identité obligatoire, paiement par chèque ou virement au-delà d’un certain seuil, et interdiction de paiement en espèces dans la plupart des départements. Tout apport sans justificatif d’identité sera refusé.

Échantillons de métaux non ferreux disposés sur béton avec étiquette de prix en euros au kilo pour guide de revente

Augmenter le tarif de rachat : les leviers concrets

Le dégainage des câbles reste le levier le plus rentable. Un câble cuivre électrique racheté 3,20 €/kg gainé passe à 9,50 €/kg une fois dénudé. Sur un lot de chantier, le temps de dégainage se rentabilise en quelques minutes par kilo.

Trois autres facteurs influencent directement le prix obtenu :

  • Le volume : un apport de plusieurs dizaines de kilos permet de négocier un tarif supérieur à la grille affichée. Les comptoirs préfèrent les lots homogènes.
  • Le moment : vendre quand les stocks LME sont en baisse donne un avantage tarifaire. Suivre les cours sur TradingEconomics ou Zonebourse permet de repérer les fenêtres favorables.
  • La propreté du lot : tout corps étranger (plastique, fer, peinture) fait basculer le cuivre dans une catégorie inférieure. Un robinet en laiton avec sa tête en plastique sera tout simplement refusé par certains comptoirs.

La tension structurelle sur le marché du cuivre en 2026, portée par le déficit minier et l’électrification accélérée, maintient les prix de rachat à des niveaux historiquement élevés. Pour un revendeur, qu’il soit artisan, déconstructeur ou particulier, le tri minutieux et le suivi des cours LME restent les deux paramètres qui séparent une vente correcte d’une vente optimisée.